Vous avez alimenté un 3e pilier pendant vingt ans, vous approchez de la retraite, et une question tombe : je prends tout en capital, des retraits annuels, une rente mensuelle, ou un mélange ? Le choix n'est pas neutre, mais ces trois formes ne relèvent que de deux régimes d'impôt.
Trois portes de sortie, entre 60 et 75 ans
Un contrat de prévoyance-vieillesse, celui de l'article 111bis dont les versements se déduisent chaque année, se dénoue entre vos 60 et 75 ans, et seulement si le contrat a au moins 10 ans. À l'échéance, l'administration vous laisse trois portes : tout en capital d'un coup, une rente viagère versée chaque mois à vie, des retraits annuels, ou n'importe quel mélange des trois. C'est vous qui tranchez au moment venu.
Ce guide parle de la sortie : ce que vous touchez et ce que vous payez dessus. La déduction à l'entrée, celle qui allège votre impôt chaque année pendant que vous cotisez, est traitée à part dans notre guide du 3e pilier (article 111bis).
Le capital et les retraits annuels : imposés au demi-taux global
Si vous prenez tout, ou une partie, sous forme de capital, cette somme n'est pas ajoutée telle quelle à votre revenu de l'année. Elle est traitée comme un revenu extraordinaire et relève du demi-taux global des articles 131 et 132, sur demande dans votre déclaration. Les retraits annuels, la troisième porte, relèvent du même régime, jusqu'à vos 75 ans : ce qui reste dans le contrat à cet âge est converti en rente viagère et bascule dans le régime décrit juste après. Comment ce demi-taux se calcule, et pourquoi deux personnes qui touchent le même capital ne paient pas le même impôt, est le sujet de notre guide des revenus extraordinaires, sa seule maison.
La rente : la moitié exemptée, le reste comme une pension
Si vous choisissez la rente viagère mensuelle, la mécanique est différente et écrite clairement dans la loi. 50 % de chaque rente que vous touchez sont exemptés d'impôt. Les 50 % restants s'ajoutent à vos autres revenus de retraite et sont imposés au tarif normal, comme une pension.
| Forme de sortie | Ce qui entre dans le revenu imposable | Le taux appliqué |
|---|---|---|
| Capital ou retraits annuels | la totalité | la moitié du taux global |
| Rente viagère mensuelle | la moitié (50 % exemptés) | le tarif normal, comme une pension |
Les deux régimes ne se comparent pas à l'oeil. Une assiette pleine au demi-taux peut coûter plus ou moins qu'une demi-assiette au tarif normal : cela dépend de vos autres revenus de l'année.
Pourquoi ces deux régimes ne reviennent pas au même
À première lecture, les deux se ressemblent : d'un côté la totalité à la moitié d'un taux, de l'autre la moitié à un taux entier. Si c'était le même taux dans les deux cas, le résultat serait effectivement identique. Ce n'est pas le même taux.
Le demi-taux global part de votre taux moyen, celui que vous payez sur l'ensemble de votre revenu de l'année. La rente, elle, s'ajoute par-dessus vos autres revenus de retraite : sa moitié imposable est donc imposée en haut de vos revenus, au taux de votre dernière tranche, qui est plus élevé que votre taux moyen dès que vos revenus dépassent la tranche à zéro.
Un second effet joue en sens inverse. Le capital tombe sur une seule année, qu'il fait lui-même monter, donc il relève un taux moyen plus haut que d'habitude. La rente s'étale sur toute votre retraite, sur des années ordinaires. Ces deux effets se combattent, et selon vos autres revenus l'un ou l'autre l'emporte. C'est pour cette raison qu'aucune des deux formes n'est meilleure en soi.
Capital, retraits annuels ou rente : ce qui pèse dans la balance
Le capital d'un coup donne une somme disponible tout de suite, utile pour un projet ou pour solder un crédit, mais il concentre l'impôt sur une seule année. La rente étale la rentrée d'argent sur toute votre retraite, avec la moitié exemptée, et sécurise un revenu à vie. Les retraits annuels tiennent le milieu : même régime fiscal que le capital, mais étalé, donc un revenu plus faible chaque année. Le mélange existe justement pour ne pas avoir à choisir en bloc : une part en capital pour un besoin ponctuel, le reste en rente ou en retraits pour le long terme.
Le bon dosage dépend de vos autres revenus au moment de la retraite, de vos projets et de votre santé financière. Il vaut mieux y réfléchir avant l'échéance. Le choix n'est toutefois pas définitif dans les deux sens : le capital que vous prenez est versé une fois pour toutes, alors que la rente peut être reconvertie en capital plus tard, même une fois que la rente a commencé à vous être versée. La circulaire du 27 avril 2022 le prévoit, et ce capital de conversion est alors imposé au demi-taux global.
Capital, retraits annuels, rente ou un mélange des trois : le meilleur dosage dépend de vos chiffres et de vos autres revenus à la retraite. C'est une décision qui se prépare, et qui mérite d'être posée sur votre situation réelle avant l'échéance.
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Ce qu'il ne tranche pas : ce que vous décidez d'en faire, et si vos contrats correspondent encore à votre situation.
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Sources
- ACD : prévoyance-vieillesse (sortie capital, rente, retraits annuels)
- LIR, texte coordonné au 1er janvier 2025 (art. 99 n° 4, 131 et 132 : demi-taux global ; art. 115 n° 14a : rente exemptée à 50 %)
- Circulaire L.I.R. n° 111bis/1 - 111ter/1 du 27 avril 2022 (§ 3.2.2 et 5.4 : la rente se reconvertit en capital ; § 5.1 : capital et retraits annuels au demi-taux ; § 5.2 et 3.3.2 : maladie grave ou invalidité ; fin du § 5.4 : assurance dépendance)
- Guichet.lu : contrat de prévoyance-vieillesse (résident)
Article pédagogique, vérifié à la date indiquée. Il ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement : votre situation peut différer des exemples.