Votre employeur a mis en place un plan de pension d'entreprise. Vous le savez à peine, et il vous ouvre pourtant une ligne dans votre déclaration : jusqu'à 1 200 € de cotisations personnelles que vous pouvez déduire de votre revenu imposable, chaque année.
Le 2e pilier, en une minute
Le deuxième pilier de la pension, c'est le régime complémentaire mis en place par une entreprise pour ses salariés (loi du 8 juin 1999). L'employeur cotise pour vous, sur un plan dédié à la retraite. Salarié, vous ne l'avez pas choisi : il existe seulement si votre entreprise l'a instauré. C'est une part de votre rémunération qui ne passe pas par votre salaire brut.
Deux choses le distinguent d'une prime classique. La cotisation que l'employeur verse est imposée à part, au taux forfaitaire de 20 %, par une retenue à la source qu'il règle lui-même. Et à la sortie, quand vous partez à la retraite, la prestation vous revient exonérée d'impôt sur le revenu, que vous la preniez en capital ou en rente. L'impôt a déjà été payé en cours de route, à taux réduit.
Les 1 200 € de cotisations personnelles déductibles
Sur ce plan d'entreprise, la loi vous laisse ajouter vos propres versements, en plus de ceux de l'employeur. Ces cotisations personnelles se déduisent de votre revenu imposable, jusqu'à un plafond fixé par l'article 110 de la loi sur l'impôt sur le revenu. Déduire, ici, veut dire payer l'impôt sur un revenu plus petit : l'économie dépend donc de votre niveau de revenu.
Cette ligne passe souvent à la trappe. Beaucoup de salariés couverts par un plan d'entreprise ne savent pas qu'ils peuvent y verser en plus, et encore moins que ces versements réduisent leur impôt. Le montant se déclare dans les dépenses spéciales, au même endroit que vos autres cotisations et primes.
À ne pas confondre avec le 3e pilier
Les deux réduisent votre impôt, mais ce ne sont pas les mêmes produits, ni les mêmes plafonds. Le 2e pilier passe en général par votre employeur : salarié, vous n'y avez accès que si votre entreprise a instauré un plan. Les indépendants peuvent depuis 2019 mettre en place leur propre régime (le RCPi), avec sa règle de déduction à part : jusqu'à 20 % du revenu net annuel de l'activité. Le 3e pilier, lui, est un contrat individuel que vous souscrivez seul auprès d'un assureur ou d'une banque, sous l'article 111bis, avec son propre plafond de déduction.
Les deux se cumulent : rien n'empêche de verser sur le plan d'entreprise et sur un contrat individuel la même année, chacun avec sa ligne et son plafond. Pour le détail du contrat individuel, voir notre article sur le 3e pilier. Et pour la vue d'ensemble des trois étages de la pension, notre guide des trois piliers.
L'effet exact d'un versement sur votre impôt dépend de votre revenu et de votre classe. L'outil le calcule en direct, avant que vous décidiez quoi que ce soit.
Sources
- ACD : cotisations et primes d'assurance (art. 110, plafond 1 200 €)
- ACD : régime complémentaire de pension pour indépendants (RCPi)
- Guichet.lu : traitement fiscal d'une pension complémentaire d'employeur
- Loi du 8 juin 1999 relative aux régimes complémentaires de pension (IGSS)
Article pédagogique, vérifié à la date indiquée. Il ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement : votre situation peut différer des exemples.