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Comment votre impôt est calculé, étape par étape

Par Kevin Sayrignac · Faits vérifiés le 1er septembre 2026 · 9 min de lecture

Le plan, 15 sections

Votre impôt ne se calcule pas sur votre salaire. Il se calcule sur ce qu'il en reste une fois qu'on en a retiré une liste de choses, dans un ordre imposé. Cette page suit cet ordre du début à la fin, sans rien sauter.

La chaîne complète, avant les chiffres

Le calcul est une suite de soustractions. Chaque étape prend le résultat de la précédente et en retire quelque chose. Vous pouvez vous arrêter à n'importe quel moment et reprendre plus tard : rien ne demande de retenir ce qui précède.

Les treize étapes du calcul de l'impôt, dans l'ordre, et ce que chacune recouvre
L'étapeCe qu'elle recouvre
Ce que vous avez gagnéSalaire, pension, loyers, placements
Moins ce que le revenu vous a coûtéFrais d'obtention, frais de déplacement
Moins vos cotisations socialesMaladie et pension, la part retenue sur votre salaire
Moins vos dépenses spécialesAssurances, 3e pilier, épargne-logement, dons
Moins vos charges extraordinairesMaladie, aide à domicile, parents à charge
Moins vos abattementsGarde d'enfants, couple à deux salaires
= Votre revenu imposableLe seul chiffre sur lequel l'impôt se calcule
Votre classe découpe ce revenuClasse 1, 1a ou 2
Le barème s'applique par tranchesDe 0 % à 42 %
Plus la contribution au fonds pour l'emploi7 % de l'impôt
Moins vos crédits d'impôtCrédit salarié, CO2, monoparental
Moins ce que vous avez déjà payéLa retenue de chaque mois
= Le soldeÀ payer, ou remboursé

L'ordre est celui du moteur de calcul de ce site, qui suit lui-même celui du formulaire 100 F.

Les sept premières lignes servent à obtenir un seul nombre, votre revenu imposable. Les six dernières transforment ce nombre en montant d'impôt. La partie où vous avez de la marge est la première, et c'est celle que presque personne ne travaille.

On part de tout ce que vous avez gagné

L'administration ne regarde pas un revenu global. Elle range ce que vous avez gagné en catégories, et chacune a ses propres règles : le salaire, la pension, les loyers d'un bien mis en location, les revenus de vos placements, le bénéfice d'une activité indépendante.

C'est pour cette raison que le formulaire est découpé en pages plutôt qu'en une seule liste. Chaque catégorie calcule son propre résultat, dans son coin, avec ses déductions à elle. Les résultats ne sont additionnés qu'à la fin.

Une catégorie peut être négative, et elle se retranche alors des autres. Un bien locatif qui coûte plus qu'il ne rapporte fait baisser l'impôt dû sur votre salaire.

Ce que le revenu vous a coûté se retire d'abord

Gagner de l'argent occasionne des frais, et l'impôt en tient compte. Pour un salarié, ce sont les frais d'obtention et les frais de déplacement entre le domicile et le travail.

L'administration accorde 540 € de frais d'obtention d'office, sans justificatif. Vous pouvez déclarer vos frais réels à la place, si vous les gardez et qu'ils dépassent ce montant. Le mot important est à la place : ce que vous déclarez ne s'ajoute pas au forfait, il le remplace, et l'administration retient le plus élevé des deux.

Ce mécanisme du forfait qu'on remplace revient à plusieurs endroits du calcul. Le retenir une fois évite la déception la plus fréquente, celle de déclarer une dépense réelle et de voir l'impôt ne pas bouger.

Les frais de déplacement suivent une autre logique, celle de la distance : les quatre premières unités d'éloignement ne comptent pas, et chacune des suivantes vaut 99 €, jusqu'à 30. Le détail est dans notre guide des frais de déplacement.

Puis vos cotisations sociales

La part de cotisations retenue chaque mois sur votre salaire, pour l'assurance maladie et la pension, se déduit de votre revenu. Vous n'avez rien à calculer : le montant annuel figure sur votre certificat de salaire, et c'est celui-là que vous reportez.

Ces cotisations ne sont pas concernées par le forfait de 480 € dont il est question à l'étape suivante. Elles se retranchent en entier, en plus de lui. La contribution à l'assurance dépendance, elle, ne se déduit pas.

Ensuite, les dépenses spéciales

C'est la rubrique qui rassemble ce que vous avez versé dans votre vie privée et que la loi accepte de retirer de votre revenu : primes d'assurance, 3e pilier, épargne-logement, intérêts d'un crédit personnel, dons.

Ici aussi l'administration accorde un minimum d'office, 480 € par an (doublé pour un couple imposé ensemble quand chacun touche un salaire), et ici aussi ce que vous déclarez le remplace au lieu de s'y ajouter. Tant que vos versements de cette famille restent sous ce plancher, les déclarer ne change rien à votre impôt.

Chaque poste a par ailleurs son propre plafond, et ces plafonds ne se mélangent pas : les assurances partagent une enveloppe de 672 € par personne, le 3e pilier a la sienne, de 3 200 €. Le fonctionnement complet est dans notre guide du minimum forfaitaire.

Les dépenses que vous n'avez pas choisies

Certaines dépenses ne relèvent pas d'un choix : une maladie, un handicap, un parent dont vous avez la charge. La loi les appelle des charges extraordinaires et les traite à part.

Elles ne se déduisent pas en entier. L'administration considère qu'une part de ces frais est déjà comprise dans un budget normal, et elle calcule cette part en pourcentage de votre revenu, selon votre classe et votre nombre d'enfants. Seul ce qui dépasse fait baisser votre impôt. C'est ce seuil qu'on appelle la charge normale.

Conséquence pratique : plus votre revenu est élevé, plus il faut de dépenses pour franchir le seuil. Le détail du calcul et les montants concernés sont dans notre guide des frais médicaux.

Et les abattements, qui ne demandent rien

Un abattement est un montant retiré du revenu parce que votre situation le prévoit, sans que vous ayez de dépense à justifier. Il en existe deux, chacun avec sa condition.

L'abattement extra-professionnel vaut 4 500 € pour un couple imposé collectivement dont les deux conjoints travaillent, et il s'applique d'office. Les frais de garde d'un enfant se retirent eux aussi, dans la limite de 5 400 € par an.

Ce qui reste est votre revenu imposable

Toutes les soustractions sont faites. Le nombre obtenu est votre revenu imposable, et c'est le seul sur lequel l'impôt se calcule. Il est nettement plus bas que votre salaire, et c'est normal.

Une dernière opération le retouche avant le barème : il est arrondi au multiple de 50 € immédiatement inférieur. Un revenu de 51 558 € est donc traité comme 51 550 €.

Votre classe décide du découpage

Le barème ne s'applique pas de la même façon à tout le monde. Votre classe d'impôt, qui découle de votre situation familiale, détermine comment votre revenu est découpé avant d'être taxé. En classe 2, celle des couples imposés ensemble, le revenu du ménage est divisé en deux, le barème s'applique à chaque moitié, puis l'impôt est doublé. À revenu égal, le couple descend donc dans les tranches.

Les trois classes et ce qui vous range dans l'une ou l'autre sont détaillés dans notre guide des classes d'impôt.

Le barème s'applique enfin

Votre revenu imposable est découpé en tranches, et chaque tranche a son taux, de 0 % à 42 %. Un taux ne s'applique jamais à la totalité de votre revenu, seulement à la part comprise dans sa tranche. C'est pourquoi une augmentation ne fait jamais baisser votre net.

Le résultat est votre impôt de base. Le mécanisme des tranches, et la différence entre le taux de votre dernière tranche et le taux que vous payez réellement, est dans notre guide du taux marginal.

Ce qui s'ajoute après le barème

Une contribution au fonds pour l'emploi vient s'ajouter à l'impôt de base. Elle vaut 7 % de cet impôt, et non de votre revenu, ce qui n'est pas la même chose. Elle passe à 9 % sur la part d'impôt qui dépasse 150 000 € de revenu en classes 1 et 1a, 300 000 € en classe 2.

Ce qui se retranche : les crédits d'impôt

Un crédit d'impôt se retire de l'impôt, pas du revenu. C'est la distinction la plus utile de toute la déclaration, et celle qui se perd le plus souvent.

Une déduction de 1 000 € ne vous fait pas gagner 1 000 €. Elle retire 1 000 € de votre revenu, et ce que vous économisez est l'impôt que ces 1 000 € auraient supporté. Un crédit d'impôt de 1 000 €, lui, vaut 1 000 € en entier.

Les principaux sont le crédit d'impôt salarié, le crédit d'impôt CO2 et le crédit monoparental. Vous n'avez rien à demander pour la plupart : ils sont déjà appliqués sur votre fiche de retenue, mois après mois. La liste et les montants sont dans notre guide des crédits d'impôt.

Le solde : ce que vous avez déjà payé

Vous avez payé de l'impôt toute l'année, prélevé chaque mois sur votre salaire. Cette retenue n'était qu'un acompte, calculé sur votre situation supposée, sans connaître vos déductions réelles.

La dernière opération compare donc l'impôt réellement dû au total déjà versé. Si vous avez trop payé, la différence vous est remboursée. Si vous n'avez pas assez payé, elle est à verser. C'est ce montant, et lui seul, qui apparaît en bas de votre bulletin d'imposition.

Le calcul complet, sur un cas

Voici la chaîne entière sur une personne seule, imposée en classe 1, sans enfant, qui gagne 60 000 € brut par an et habite à 12 unités d'éloignement de son travail. Elle ne déclare aucune déduction : ce sont donc les forfaits qui s'appliquent partout.

Le calcul complet sur un salarié en classe 1, de 60 000 € brut jusqu'à l'impôt de l'année
ÉtapeMontant
Salaire brut de l'année60 000 €
Frais d'obtention (forfait)− 540 €
Frais de déplacement (12 unités d'éloignement)− 792 €
Revenu net58 668 €
Cotisations sociales (hypothèse : 11,1 % du brut)− 6 630 €
Dépenses spéciales (minimum forfaitaire, rien de déclaré)− 480 €
Revenu imposable51 558 €
Arrondi au multiple inférieur de 50 €51 550 €
Impôt de base, classe 17 899 €
Contribution au fonds pour l'emploi (7 %)+ 552 €
Crédit d'impôt salarié− 300 €
Crédit d'impôt CO2− 96 €
Impôt de l'année8 055 €

Le salaire brut et l'éloignement sont des hypothèses. La part salariale de cotisations est un ordre de grandeur prudent. Tout le reste, forfaits, barème, contribution au fonds pour l'emploi et crédits, est calculé par le moteur de ce site sur les règles 2025.

Le montant final représente 13,4 % du salaire brut, alors que la tranche la plus haute atteinte par cette personne affiche un taux bien supérieur. L'écart vient entièrement des soustractions du début.

Les trois endroits où vous pouvez agir

Sur les treize étapes, dix se déduisent de votre situation et ne se discutent pas. Trois dépendent de ce que vous déclarez.

Vos frais réels, si vous les avez gardés et qu'ils dépassent le forfait. Vos dépenses spéciales, qui ne comptent qu'au-delà de 480 € et où se trouvent le 3e pilier et l'épargne-logement. Vos charges extraordinaires, au-delà de la charge normale.

Ces trois lignes agissent au même endroit, tout en haut de la chaîne, là où chaque euro retiré traverse ensuite tout le calcul.

Cette chaîne, l'outil la parcourt avec vos chiffres. Vous répondez à des questions en français, il place chaque montant dans la bonne case et vous montre votre impôt au fur et à mesure.

Gratuit cette année. Vous pouvez commencer sans compte, et vous arrêter quand vous voulez.

Sources

Article pédagogique, vérifié à la date indiquée. Il ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement : votre situation peut différer des exemples.

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