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Voiture de fonction : comment l'avantage en nature entre dans votre revenu imposable

Par Kevin Sayrignac · Faits vérifiés le 4 juillet 2026 · 5 min de lecture

Votre employeur vous laisse une voiture que vous utilisez aussi le week-end. Aux yeux du fisc, ce n'est pas un cadeau neutre : la part d'usage privé est un revenu, au même titre que du salaire. Elle s'appelle un avantage en nature, et elle est déjà chiffrée sur votre fiche de paie.

Pourquoi une voiture devient un revenu

Un avantage en nature, c'est un bien ou un service que votre employeur vous fournit gratuitement ou à prix réduit, et dont vous profitez à titre privé. La voiture de fonction en est l'exemple le plus courant. Tant qu'elle sert vos trajets professionnels, rien à signaler. Dès qu'elle sert aussi vos courses et vos vacances, cette part privée a une valeur, et cette valeur entre dans votre revenu imposable.

Plutôt que de vous demander de tenir un carnet de bord kilomètre par kilomètre, l'administration évalue cet avantage de façon forfaitaire : un pourcentage fixe de la valeur de la voiture, appliqué chaque mois. Vous ne calculez rien vous-même. Le montant est posé une fois pour toutes à partir du prix du véhicule.

Comment le montant est calculé

La base de calcul est le prix d'achat neuf, toutes taxes comprises, options incluses et remises déduites. On lui applique un taux mensuel qui dépend, depuis les revenus 2025, de la motorisation. Une réforme a remplacé l'ancienne grille liée aux émissions de CO2 par des taux simplifiés.

Motorisation du véhiculeTaux mensuel
100 % électrique, consommation ≤ 18 kWh/100 km0,5 %
100 % électrique, jusqu'à 20 kWh/100 km et 150 kW0,5 %
100 % électrique, au-delà0,6 %
Essence, diesel, hybride, hybride rechargeable2 %

Taux applicables aux voitures à moteur thermique dont la première immatriculation a lieu à partir du 1er janvier 2025 et qui ne font pas l'objet d'un contrat signé jusqu'au 31 décembre 2024 (réforme du 1er janvier 2025) ; les contrats antérieurs gardent leur grille CO2, voir plus bas. Les taux électriques et hydrogène valent quant à eux depuis les immatriculations du 1er janvier 2023 : les taux 0,5 % et 0,6 % sont maintenus pour les immatriculations jusqu'au 31 décembre 2026, ainsi que pour les voitures faisant l'objet d'un contrat signé jusqu'au 31 décembre 2026 et immatriculées jusqu'au 31 décembre 2027. Source : voir en bas de page.

Pour une voiture thermique ou hybride facturée 40 000 € TTC, le taux de 2 % représente 800 € par mois, soit 9 600 € ajoutés à votre revenu imposable sur l'année. Le même véhicule en 100 % électrique, au taux de 0,5 %, donne 200 € par mois, soit 2 400 € par an. Exemples de calcul, hors cas particuliers.

Ce montant ne sort pas de votre compte. Vous êtes imposé dessus comme si vous l'aviez touché. Ce que vous payez réellement, ce sont l'impôt et les cotisations sociales prélevés sur cette part, à votre taux d'imposition. Sur les 9 600 € de l'exemple, un salarié dont la dernière tranche est à 39 % supporte de l'ordre de 3 700 € d'impôt sur l'année, avant cotisations sociales et majoration pour le fonds pour l'emploi, pour l'usage privé de sa voiture.

Ce que vous avez à faire dans votre déclaration : rien de plus

C'est le point qui rassure la plupart des gens. Votre employeur intègre déjà cet avantage dans votre salaire brut, mois après mois, via la retenue à la source. Le montant figure sur votre certificat de rémunération, fondu dans le total du revenu brut. Vous n'avez aucune case supplémentaire à remplir pour la voiture.

Si vous faites une déclaration d'impôt, vous reportez simplement les chiffres de votre certificat, avantage en nature compris. Il est déjà dedans. Vouloir l'ajouter une seconde fois serait une erreur qui gonflerait votre revenu à tort.

Valeur neuve TTCprix d'achat neuf×Taux mensuel0,5 % à 2 %=Avantage mensuelajouté au revenu
Le montant déjà inscrit sur votre certificat se construit ainsi : la valeur neuve du véhicule, multipliée par un taux mensuel, donne l'avantage ajouté chaque mois à votre revenu imposable.

Les cas où le taux change

Deux situations méritent votre attention. La première : les véhicules commandés avant la réforme. Un contrat de leasing conclu jusqu'au 31 décembre 2024, pour une voiture immatriculée jusqu'au 31 décembre 2025, garde l'ancienne grille liée aux émissions de CO2. Cette grille allait de 0,8 % à 1,8 % par mois selon le taux d'émission, et de 1,0 % à 1,8 % pour un diesel ; les voitures 100 % électriques ou à hydrogène relevaient, elles, des taux de 0,5 % ou 0,6 %. Votre certificat reflète le taux réellement appliqué à votre véhicule : c'est lui qui fait foi.

Le taux appliqué dépend de la date du contrat et de la première immatriculation de votre voiture, pas de l'année où vous remplissez votre déclaration. Un véhicule sous ancien contrat peut garder son taux CO2 plusieurs années encore. En cas de doute sur le montant porté à votre revenu, la ligne de votre certificat de rémunération tranche.

La seconde : une participation personnelle. Si vous versez une contribution à votre employeur pour l'usage privé de la voiture, cette somme vient en déduction de l'avantage en nature évalué, dans la limite admise par l'administration (pour une participation au coût du leasing, 20 % du coût pris en charge par l'employeur). Là encore, le calcul est fait en amont et le solde apparaît sur votre certificat.

Ce que cet avantage change à votre impôt

L'avantage en nature s'empile au sommet de votre revenu. Il est donc imposé à votre taux le plus élevé, celui de votre dernière tranche. Plus votre revenu est haut, plus chaque euro d'avantage coûte cher en impôt. C'est le mécanisme du taux marginal, détaillé dans notre guide sur le taux marginal. Et comme cet avantage fait partie de votre salaire brut, il pèse dans le calcul général exposé dans notre guide du barème sur salaires réels.

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