Vous avez loué votre appartement trois week-ends l'été dernier, 900 € en tout, et vous vous demandez si le fisc attend quelque chose. La réponse est oui, dès le premier euro. Ce qui change vraiment, c'est la case où ce revenu atterrit, et elle dépend de ce que vous proposez en plus du logement.
Imposable dès le premier euro
Il n'y a pas de seuil en dessous duquel un loyer de courte durée échapperait à l'impôt. Au Luxembourg, mettre un bien meublé à disposition contre paiement crée un revenu imposable, même pour quelques nuits par an. Vous le déclarez, il s'ajoute à vos autres revenus, et il est taxé au barème progressif comme le reste. Louer par une plateforme ne change rien à cette règle.
Ce qui est imposé, ce n'est pas la somme encaissée brute, mais le revenu net : vos recettes moins les frais que vous avez le droit de retrancher. Sur trois week-ends, après frais, le net peut être modeste. Il n'en reste pas moins à porter sur votre déclaration.
Location de biens ou activité commerciale : la ligne de partage
Le point qui décide de tout. Tant que vous louez un logement meublé sans y ajouter de services, le revenu relève de la location de biens, l'article 98 de la loi sur l'impôt. C'est le régime décrit dans notre guide sur la location classique, avec les mêmes frais déductibles.
Dès que vous y greffez des prestations de type hôtelier, le fisc requalifie l'ensemble en bénéfice commercial, une autre catégorie de revenu, avec ses propres règles. Les prestations qui font basculer sont celles d'un hébergement touristique : petit déjeuner servi, ménage pendant le séjour, fourniture et changement du linge, accueil et réception des voyageurs.
| Ce que vous proposez | Catégorie de revenu |
|---|---|
| Le logement meublé, clés en main, sans service pendant le séjour | Location de biens (art. 98 LIR) |
| Le logement plus des services : petit déjeuner, ménage régulier, linge, réception | Bénéfice commercial |
Qualification indicative. La frontière s'apprécie au cas par cas selon l'ampleur et la régularité des services rendus. En cas de doute sur votre situation, un contrôle sur le guichet ou avec un conseiller vaut mieux qu'une supposition.
Cette bascule change des choses très concrètes. Le bénéfice commercial suit d'autres obligations, peut supposer une affiliation sociale et une inscription, et se calcule différemment. Beaucoup de locations Airbnb ponctuelles restent de simples locations de biens. Le nettoyage entre deux séjours, à lui seul, ne suffit en général pas à faire de vous un commerçant : c'est l'accumulation de services proches de l'hôtellerie qui déclenche la requalification.
Les frais que vous déduisez en location de biens
Si vous restez en location de biens, vous retranchez vos frais des loyers, au choix de deux façons exclusives l'une de l'autre chaque année.
| Méthode | Ce qu'elle couvre |
|---|---|
| Frais réels | Chaque dépense justifiée : intérêts d'emprunt, entretien, charges, assurances, plus l'amortissement du bâtiment. |
| Forfait | 35 % des loyers, au maximum 2 700 € par bien et par an (bâtiment achevé depuis au moins 15 ans). Les intérêts d'emprunt restent déductibles en plus. |
Modes de déduction des revenus 2025, tels qu'ils sont codés dans le moteur du site. Pour une location de quelques jours, les frais rapportés au temps de mise en location peuvent réduire nettement le net imposable.
Sur une location de courte durée, une part seulement de l'année est concernée : les frais se rapportent à la période où le bien est effectivement proposé. Si l'année se termine avec plus de frais que de loyers, le résultat négatif suit le mécanisme du déficit locatif, et vient réduire le reste de vos revenus, salaire compris. Quand la location dégage un résultat positif, une contribution dépendance de 1,4 % s'ajoute sur ce net.
La question de la TVA
Un second impôt peut entrer en jeu, distinct de l'impôt sur le revenu. La location d'un logement est en principe exonérée de TVA, mais l'hébergement de courte durée, celui qui ressemble à une nuitée d'hôtel, en sort et peut être soumis à la TVA. Une franchise existe pour les petits chiffres d'affaires : en dessous de 50 000 € de recettes par an (seuil en vigueur depuis 2025 ; 35 000 € pour les années 2023 et 2024), vous ne facturez pas de TVA. Une identification à la TVA auprès de l'Administration de l'enregistrement (AED) reste toutefois requise, avec une déclaration du chiffre d'affaires. La plupart des loueurs occasionnels restent loin de ce seuil.
Loyers de quelques jours, frais au prorata, résultat positif ou négatif : le net imposable d'une location de courte durée se calcule vite avec les bons repères. L'outil range vos recettes et vos frais au bon endroit et chiffre l'effet sur votre déclaration.
Sources
- Guichet.lu : mettre un bien immobilier meublé en location temporaire
- ACD : revenu net provenant de la location de biens (art. 98 LIR)
- ACD : immeuble donné en location (frais, forfait, amortissement)
- ACD : loi concernant l'impôt sur le revenu (LIR), art. 98
- AED : le nouveau régime de franchise des petites entreprises
Article pédagogique, vérifié à la date indiquée. Il ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement : votre situation peut différer des exemples.