Un courrier du bureau d'imposition vous réclame quatre versements dans l'année, avant même d'avoir déclaré quoi que ce soit. Ce sont les avances trimestrielles. Elles n'ont rien d'un impôt en plus, et si votre situation a changé, vous pouvez en demander la révision.
D'où viennent ces avances
Pour un salarié, l'impôt part chaque mois de la fiche de paie : c'est la retenue à la source, prélevée par l'employeur. Tant que cette retenue couvre l'impôt dû, vous n'avez pas d'avances à payer. Elles apparaissent quand une partie de votre revenu échappe à cette retenue mensuelle, ou quand la retenue ne suffit pas à couvrir l'impôt réellement dû.
Le cas le plus courant chez un résident : un revenu locatif, des revenus de plusieurs sources, ou une imposition qui, une année, a laissé un solde à payer. Le bureau d'imposition en tire une conclusion simple : l'an prochain ressemblera sans doute à cette année, autant étaler la somme plutôt que de la présenter d'un coup. Il met donc en place des versements d'acompte, à valoir sur l'impôt à venir.
Comment le montant est fixé
Le bureau ne devine pas : il part de votre dernière imposition établie. Il reprend l'impôt qui en est ressorti, en retire ce que la retenue à la source a déjà couvert, et découpe le reste en quatre. Chaque avance vaut donc un quart de cet impôt attendu. Tant que votre dernière imposition connue sert de repère, les avances suivent ce montant, année après année.
Point important : ces avances paient votre impôt d'avance ; elles ne viennent pas en plus. Quand votre imposition définitive est calculée, le total des avances versées vient en déduction de la note finale. Si vous avez trop versé, la différence vous revient ; s'il en manque, vous réglez le complément. C'est le bulletin d'imposition qui fait ce décompte à la fin.
Faire ajuster les avances quand votre situation change
Les avances reposent sur une année passée. Si la vôtre ne ressemble plus à celle-là, le montant réclamé peut être trop élevé. Un revenu locatif qui s'arrête, une source de revenu qui disparaît, une nouvelle dépense déductible, un changement de situation familiale : autant de raisons de demander une révision.
La règle est explicite du côté de l'administration : le montant des avances est modifié sur demande motivée du contribuable, ou d'office par le bureau. Concrètement, vous écrivez à votre bureau d'imposition, vous exposez ce qui a changé, et vous joignez de quoi l'appuyer, selon le cas : un nouveau contrat, des fiches de salaire, la preuve de la fin d'un revenu. Le bureau recalcule les avances sur cette base.
À l'inverse, si vos revenus ont augmenté, régler des avances calées sur votre situation réelle vous évite de découvrir un gros solde d'un coup à la fin. Bien réglées, elles lissent l'impôt sur l'année.
Le rendez-vous final : le bulletin
Les avances ne sont qu'un acompte. Le vrai calcul, celui qui fixe votre impôt de l'année, arrive avec le bulletin d'imposition, après votre déclaration. C'est là que les avances versées s'imputent, ligne à ligne, sur l'impôt dû. Pour vérifier que ce décompte est juste, notre guide du bulletin ligne par ligne montre où lire le total des avances et le solde restant. Et pour ce qui se passe entre le dépôt et l'arrivée du bulletin, voyez comment votre déclaration est traitée.
Vos avances collent-elles à votre impôt réel ? L'outil calcule votre impôt sur vos chiffres à jour, gratuitement. Vous voyez tout de suite si les avances demandées sont au-dessus, et de combien, avant d'écrire au bureau.
Sources
- ACD : avances d'impôt (échéances 10 mars, 10 juin, 10 septembre, 10 décembre ; quart de l'impôt après retenues ; modification sur demande motivée)
- ACD : imputation des avances et des retenues d'impôt à la source
- ACD : calendrier fiscal (dates des avances trimestrielles de l'année d'imposition)
- Guichet.lu : payer l'impôt dû par les salariés et pensionnés
Article pédagogique, vérifié à la date indiquée. Il ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil en investissement : votre situation peut différer des exemples.